en souvenir de nous

un film de michel leviant

Affiche

Synopsis

12 ans pour un film

Entretien avec l'auteur

Equipe du film

HELENE LAPIOWER

ILIANA LOLIC

MARIE VINOY

LEONOR GRASER

PHILIPPE LELIEVRE

MICHEL LEVIANT

Bande annonce

Extraits

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Presse

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Cast and Crew

Maybe Movies

     Admirable tremblement du temps.


     Dans un village, un jour d’hiver, l’enterrement de Jeanne, qui vient de se suicider, réunit trois amis. Ils se souviennent d’une belle semaine d’été passée ensemble voilà douze ans. Marielle ( Marie Vinoy ) et sa sœur Colombe ( Iliana Lolic ) étaient les invitées de Jeanne ( Hélène Lapiower ) dans la maison qui lui venait de ses parents et qu’elle pensait vendre. Elles retrouvaient souvent Pascal ( Philippe Lelièvre ), le garagiste, veuf et père d’une petite fille de huit ans, Léo, un ami d’enfance de Jeanne qui était le seul à avoir le téléphone.
En souvenir de nous fait alterner le temps actuel du deuil et ces vacances de jeunesse, mais toute la singularité du film de Michel Leviant vient de ce que la construction en flash-back mesure une durée réellement écoulée : le cinéaste a repris un film tourné voilà douze ans, Le Mur aux fées, qu’il a monté avec un autre tourné l’an dernier, avec les mêmes acteurs. Et l’absence de Jeanne est tragiquement réelle, puisque la si fine et sensible Hélène Lapiower a été emportée par un cancer.
     Le film ancien est ravissant de spontanéité, il capte toute la grâce de l’instant présent, des jeunes filles qui chuchotent des histoires de fées, d’enfance proche et d’enfants à venir. Et si les tourments y couvent, ils sont encore secrets, ombres indistinctes. C’est le nouveau film qui les révèle et leur donne rétrospectivement leur gravité. Il montre, et l’expérience est profonde et poignante, combien la vie est prémonitoire : elle contient et annonce la courbe qu’elle développera pour chacun, mais qu’on ne peut saisir qu’avec le temps, en nous retournant sur nous-mêmes. Et peut-être le temps ne nous est-il donné que pour cela…

     « Le cinéma filme la mort au travail. » Jamais cette troublante assertion de Jean Cocteau n’a mieux convenu qu’au beau film de Michel Leviant. Elle est cruelle, mais non pas morbide. Au contraire, c’est une précieuse invitation à vivre les yeux ouverts, entre la vie et la mort indissociablement mêlées.

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     L’histoire du film est singulière. Une douzaine d’années sépare un été radieux d’un hiver frissonnant, dans la réalité comme dans la fiction. En 1994, Michel Leviant réalisait Le mur aux fées, ou les vacances un brin rohmeriennes de trois copines à la campagne. Ce long métrage, jamais sorti en salles, se complète aujourd’hui d’une partie contemporaine, plus grave, et pour cause : Jeanne, brunette aux yeux brillants et à la voix flûtée, la plus fragile de ce trio de filles, est décédée entre-temps, tout comme la comédienne qui l’interprétait, Hélène Lapiower. Le film d’origine, redécoupé au gré de nombreux flash-back, tend ainsi au présent un miroir mélancolique, d’une profondeur inédite.
     Le temps tient ici le rôle principal, sur le visage des comédiens ( tous sensibles et convaincants ) et dans la vie des personnages, autour de Jeanne, émouvant fantôme sur pellicule.

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     Trois filles, l’été, à la campagne, dans une maison héritée : rires, complicité et rivalité autour du jeune garagiste du village. Douze ans après, retrouvailles funèbres après le suicide de celle des trois qui possédait la maison.

     Ce beau film émouvant du cinéaste trop rare Michel Leviant a une histoire particulière : il est bâti autour d’un film inachevé de 1994, Le mur aux fées, complété par des séquences tournées douze ans après, en hommage à l’une des actrices, Hélène Lapiower, qui entre-temps, est morte prématurément d’un cancer.
     Le ton léger et rohmérien d’un été jadis insouciant est ainsi voilé par le présent du deuil, donnant à voir le temps perdu, avec toute sa profondeur, par un effet quasi proustien.

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     Il est des films qui émeuvent davantage quand on en apprend le cheminement. En souvenir de nous en est un bel exemple, étroitement lié au destin tragique d’une actrice belge attachante et méconnue, Hélène Lapiower, décédée en 2002 des suites d’une maladie, à l’âge de 45 ans.

     Tout a commencé en 1994 : Michel Leviant réalise alors un film qui raconte les vacances d’été de trois amies, dans la maison de campagne de l’une d’elles, Jeanne. Insouciantes et joyeuses, les trois femmes s’amusent et se confient leurs secrets. Mais des rivalités apparaissent, compliquées par des histoires sentimentales. Intitulé Le mur aux fées, le fim ne sort finalement pas sur les écrans.

     La disparition d’Hélène Lapiower, qui interprétait avec une grande sensibilité le personnage fragile et fantasque de Jeanne, pousse le cinéaste à reprendre ses bobines et à rappeler ses acteurs. Douze ans après, les mêmes personnages se retrouvent en hiver dans la maison de Jeanne, qui vient de se suicider. Ils tentent de comprendre pourquoi elle a mis fin à ses jours. Revivant en flash-back cette parenthèse enchantée qui les a réunis, chacun d’eux va découvrir qu’il porte une part de responsabilité dans sa mort.

Très bien monté, En souvenir de nous oppose les scènes ensoleillées et pleines de nostalgie des souvenirs de vacances à celles, froides et tristes, des retrouvailles lors des funérailles. Confrontés brutalement aux conséquences de leurs choix lors de ce fameux été, les amis de Jeanne font un bilan plutôt amer de leur vie. Après les illusions et l’espérance, vient le temps de la lucidité et de l’âpre réalité.

     Malgré quelques maladresses formelles, le film de Michel Leviant est une réflexion poignante sur le temps qui passe. L’évocation du souvenir de Jeanne / Hélène Lapiower renforce l’émotion. Le personnage et l’actrice ont aujourd’hui disparu et ce n’est pas le seul mérite de ce film que de les faire revivre sur nos écrans.

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     La mémoire des arbres.


     Sous un ciel d’hiver, le froid fige les larmes de Marielle et Colombe, sa sœur cadette ( respectivement Marie Vinoy et Iliana Lolic ) au bord de la tombe de leur amie Jeanne qui vient de se suicider. Jeanne ( Hélène Lapiower ), a quitté la vie dans la maison de campagne héritée de sa mère. Elle y avait élu domicile, douze ans auparavant, au terme de vacances dont les trois jeunes femmes partagèrent quelques jours. Un été « inoubliable » que Marielle et Colombe vont se remémorer avec Pascal, le garagiste du village rencontré à l’époque ( Philippe Lelièvre )
     Le film de Michel Leviant procède en flash-backs dénués de tout artifice. L’histoire de la production n’est pas indifférente à l’intensité de l’ensemble. En 1994, le cinéaste avait réalisé ce conte estival, au sens de Rohmer pour ce qui est de la justesse du dévoilement de l’intime en ses apparents paradoxes de noirceurs enfouies et d’éclatante légèreté, à l’instar des cercles de lumière que provoque une pierre jetée dans une sombre mare. Filmées avec une grande liberté, ces images composaient un film alors intitulé le Mur aux Fées, qui ne trouvera pas de distributeur. En 2002, la magnifique actrice Hélène Lapiower est emportée par un cancer. Michel Leviant imagine alors de reprendre ses personnages, dès lors alliés en un subtil hommage.
     En souvenir de nous emprunte à la peinture un certain art du portrait, composition et plasticité. Surtout, comme elle, il fait du temps son véritable sujet. Celui que l’on ne peut retenir. Temps peuplé d’amours en fuite et d’inguérissables chagrins, de légendes que dorent les soleils de l’enfance, d’inexprimables abandons, de revenants familiers. Au passage, la beauté de Colombe s’est creusée d’ombres dont on ne sait ce quelles dissimulent de l’égoïsme triomphant de sa jeunesse. Marielle, en devenant écrivain, s’est affranchie de ses attachements, mais au prix d’une prédation qu’elle opère sur l’histoire d’autrui, tribut du créateur. Les deuils isolent encore Pascal. Les parents transmettent. Les enfants échappent.
     En souvenir de nous se promène, entre jubilations et tristesses, trivialité et poésie, sous les frondaisons d’un chemin de campagne bordé de ces arbres centenaires qui ne porteront de mémoire qu’après leur mort, transformés en livres et autres fictions.

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     En 1994, Michel Leviant ( La Gueule du Loup, 82 ) avait tourné un moyen métrage resté inédit, Le mur aux fées. Trois jeunes femmes y passaient leurs vacances dans la maison de famille de l’une d’elles, Jeanne : l’été, les joies, les peines et une certaine nostalgie de l’enfance en train de leur échapper.
     En souvenir de nous s’ouvre sur l’enterrement de Jeanne, qui s’est suicidée, et se construit en flash-backs distillant ce qui s’est passé douze ans plus tôt.


    Scruter les changements des visages et travailler en fiction ce que la disparition d’une comédienne a induit dans la réalité ( Hélène Lapiower est morte d’un cancer en 2002 ), l’expérience est unique. Avançant sur un fil fragile, l’histoire est celle des bilans que chacun est amené à faire dans la vie. Le passage du temps donne le vertige, et la grâce l’emporte.

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     C’est à partir d’un moyen métrage réalisé en 1994 et resté inédit, que le réalisateur Michel Leviant a construit ce film, en hommage à son actrice Hélène Lapiower, décédée d’un cancer il y a cinq ans. Un projet singulier et émouvant qui lui confère un charme certain.
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     Deux en un. Ainsi pourrait-on résumer le magnifique film de Michel Leviant.
     Le premier volet de l’histoire, tournée en 1994, raconte l’épisode estival de trois filles en vacances dans la maison de l’une d’entre elles, Jeanne. Au temps de la fin de l’insouciance, les illusions et les rêves des jeunes femmes vivent leurs dernières heures.
     Cette première esquisse, intitulée Le Mur aux Fées, n’a jamais été projetée. Douze ans plus tard, le réalisateur filme les retrouvailles des protagonistes dans des conditions tragiques : l’enterrement de Jeanne, qui s’est suicidée.
     Habilement entremêlées, ces deux parties donnent un tout hybride qui s’interroge sur les effets du temps, la responsabilisation de ses actes et leurs conséquences. Le résultat final est une œuvre d’une grande maturité qui, à l’image de ses personnages, a gagné en consistance avec les années.
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     Chronique existentielle gracieuse autour d’une maison familiale.
     A ceux qui reprochent au cinéma français sa sempiternelle pauvreté d’imagination, on répondra que filmer les variations infinitésimales des rapports humains, ramenées à un unique décor ( une maison familiale ), une unique péripétie narrative ( l’attraction exercée par cette maison ), une unique interrogation ( le bilan de ces vies ), constitue, sous ses airs flous et ténus, le plus ambitieux des programmes. L’attention subtile à l’instant présent et l’attention souveraine au temps qui passe, tour à tour dissociées et conjuguées, en sont les deux qualités requises. (...)
     Heureusement, Hélène Lapiower ( avec ses yeux en amande brisée et sa voix enrouée par on ne sait quel tracas ancien ) et Iliana Lolic ( qu’on a pu voir dans les films récents de Luc Moullet ) traversent gracieusement le film.
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     Douze ans après


     Ce film absolument magique provient d’un autre film « Le Mur aux fées » que Michel Leviant avait tourné douze ans auparavant et qui, injustement, n’était jamais sorti. Une histoire toute simple, lumineuse, de trois jeunes femmes en vacances, tournée avec un charme inou?, une allégresse incroyable et des actrices en état de grâce. Douze ans plus tard, quatre ans après la mort de la comédienne principale, la merveilleuse Hélène Lapiower, le réalisateur n’a pu se résigner à laisser son film inachevé et l’a finalement complété avec une mise en perspective inédite au cinéma, reprendre les mêmes personnages (et donc les mêmes acteurs), en inscrivant le passage du temps non fictif mais réel au sein d’un même film.

     Car si ce phénomène a déjà existé et se révèle extrêmement émouvant dans certaines grandes sagas (au hasard, celle du « Parrain » ou la trilogie marseillaise de Pagnol), c’est la première fois, sauf erreur de ma part, qu’au cours d’un même film le passé et le présent se font effectivement face. Suite au décès d’un cancer d’Hélène Lapiower, dont les cinéphiles se souviendront sans doute pour avoir tourné avec Despleschin et Jeanne Labrune, le prétexte inventé pour le film est celui du suicide de son personnage, qui conduira les autres à tous se retrouver et à essayer de découvrir les raisons de ce geste fatal.

     Les séquences d’été du film originel sont tout simplement magnifiques, d’une beauté et d’une élégance qui font honneur à tout un courant du cinéma français, de « la Partie de campagne » de Jean Renoir à la plus récente « Lady Chatterley » de Pascale Ferran. La scène de la rivière est en particulier d’une fraîcheur et d’une pureté rare aujourd’hui. L’improvisation règne en toute liberté et crée ainsi une suite de moments enchantés, bénis par les fées dont le souvenir se trouve au cœur du film. Par contraste, les scènes d’hiver imposent toute la dureté du retour au présent et les griffes du temps rendent finalement d’autant plus magnifiques ces visages que l’on aura vus rayonnants.

     Il faut rendre hommage à ces acteurs, surtout à Marie Vinoy qui a été l’inspiratrice de ce film, dont les images ont capturé à jamais la luminosité du regard, à Iliana Lolic, grâce bondissante qui donne énormément au mouvement incessant de l’œuvre, et à Philippe Lelièvre qui n’a pas seulement été le professeur de théâtre de la Star Ac’ pendant une saison, mais montre ici qu’il est un comédien d’une rare sensibilité, malheureusement sous-estimé dans le cinéma français. Demeure dans le film la voix inoubliable de Hélène Lapiower, cet accent un peu rauque, cette diction parfois hachée, hantée par la folie sous-jacente de son personnage. Ce film lui est dédié, elle restera grâce à lui dans notre souvenir.

     Pourtant, « En souvenir de nous » ne peut se définir comme une symphonie des regrets. Michel Leviant n’avait réalisé qu’un seul autre film avant celui-ci, un film de genre en 1981. « En souvenir de nous » est donc son deuxième film, mais assurément son œuvre la plus personnelle; certes ce n’est plus un jeune réalisateur: il a aujourd’hui soixante ans. Mais cela n’a absolument aucune importance car il a pu aller jusqu’au bout de ce qu’il devait faire et son film, tel qu’il est, possède le goût inaltérable des victoires, et irradie le spectateur par sa jeunesse irrésistible, celle du bonheur et de la liberté.

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Maybe Movies 2007